L’expérience Outlander-ish : quand l’Outlander devient un poste de ravitaillement sur roues

À 4 h du matin, à Whistler, en Colombie-Britannique, l’air frais et vivifiant contrastait agréablement avec la chaleur et l’humidité de la veille. Le village reposait dans l’ombre des montagnes environnantes, dont les sommets captaient peu à peu les premières lueurs de l’aube pointant à l’horizon. Les chants matinaux habituels des oiseaux résonnaient dans l’air, tandis qu’un défilé inaccoutumé de véhicules acheminait les coureurs et leurs équipes vers la ligne de départ.

Au milieu du flot de véhicules qui circulaient ce jour-là se trouvaient ma mère, mon père et moi, en route vers la ligne de départ dans notre Mitsubishi Outlander PHEV. Cent kilomètres de sentiers, d’ascensions et de relief montagneux nous attendaient : un défi de taille pour les coureurs et leurs équipes, du petit matin jusqu’à bien après le coucher du soleil.

Tout était calme dans le véhicule. Le bruit provenant du monde extérieur semblait lointain, atténué par l’habitacle bien isolé de l’Outlander PHEV, mais ce silence tenait davantage à mon père qu’au véhicule. Il commençait à entrer dans « la zone » alors qu’il se préparait à courir un ultramarathon de 100 km sur les sentiers de Whistler.

Mon père était assis à l’arrière, son siège chauffant réglé au maximum pour réchauffer ses muscles avant de s’élancer sur des sentiers semblant s’étendre à l’infini. En regardant par la fenêtre, il soupira. Le bien-être qu’il ressentait à ce moment-là ferait bientôt place à la fatigue, à l’inconfort et, tôt ou tard, à la douleur. Et il le savait.

Après quelques respirations profondes, il était bien ancré.

« Je suis prêt. Allons-y. »

Les ultramarathons

Pour certains, l’idée de courir 100 kilomètres d’un seul coup peut sembler inconcevable. Mais pour d’autres, ce n’est tout simplement qu’un prochain défi à relever. Un ultramarathon désigne toute course à pied dont la distance est supérieure à celle du marathon traditionnel de 42,2 kilomètres. Les distances les plus courantes sont le 50 kilomètres, le 100 kilomètres et le 100 milles, mais il existe des courses encore plus longues. Contrairement aux marathons sur route, les ultramarathons se déroulent généralement sur des sentiers qui serpentent dans les forêts, les montagnes et les régions isolées. Certaines épreuves durent plusieurs heures, tandis que d’autres s’étendent sur plus d’une journée.

Le rythme d’un ultramarathon est particulier : l’objectif n’est pas de le terminer le plus rapidement possible, mais de gérer ses efforts, ses réserves d’énergie, sa capacité à s’adapter aux changements de terrain et sa volonté de persévérer – même lorsque le corps montre des signes d’épuisement.

Des postes de ravitaillement répartis tout au long du parcours permettent aux coureurs d’obtenir tout le nécessaire pour rester dans la course. Ils peuvent s’y réhydrater, y refaire le plein d’électrolytes, y manger un morceau, y changer de vêtements ou de souliers et y refaire leurs réserves avant de reprendre rapidement le sentier. Ces haltes permettent également aux coureurs, après de longues heures passées seuls sur les sentiers, de retrouver leur équipe, les bénévoles et les autres coureurs, ainsi que la motivation de repartir.

Mon père considère les ultramarathons comme un passe-temps à la fois amusant et extrêmement exigeant. Il a participé à des ultramarathons partout en Amérique du Nord, et chacun d’entre eux est exténuant et pénible à sa manière. Les distances, le terrain et les conditions peuvent varier, mais l’attrait reste le même : le défi de voir jusqu’où l’on peut repousser ses limites.

La ligne de départ

Nous sommes sortis de notre Outlander et avons suivi le brouhaha grandissant des voix en direction de la ligne de départ. Là, près de 800 coureurs se tenaient côte à côte, partageant les mêmes sentiments de nervosité, d’enthousiasme et, probablement, d’appréhension. À l’approche du départ, les coureurs ont profité une dernière fois de la chaleur de leur manteau matelassé avant de le retirer et de le lancer aux membres de l’équipe qui les attendaient.

Avant même que nous nous en rendions compte, l’horloge a sonné 5 h du matin, et la foule de coureurs s’est élancée dans l’obscurité. Des centaines de phares clignotaient au loin, se fondant en un flot lumineux qui serpentait le long du flanc de la montagne. Vue d’en bas, l’ascension semblait intimidante. Pour mon père et les autres concurrents, cependant, ce n’était que le début.

The Sport of Ultrarunning

Pendant que mon père s’attaquait à la première d’une longue série de montées, ma mère et moi sommes retournés à notre VUS Mitsubishi Motors pour planifier notre journée. Assurer l’assistance d’un coureur lors d’un ultramarathon est avant tout un exercice de logistique, de résolution de problèmes et, dans une certaine mesure, de devinettes.

Nous avons épluché les cartes et étudié l’emplacement des postes de ravitaillement, sachant que nous avions encore plus de questions que de réponses : À quels postes de ravitaillement allions-nous avoir accès? Quand papa allait-il arriver? De quel équipement aurait-il besoin, et à quel moment? En gros, combien de temps lui faudrait-il pour parcourir 100 kilomètres?

Compte tenu du dénivelé exigeant du parcours, il était impossible de tout savoir avec certitude. Nous avons donc fait de notre mieux pour estimer le temps nécessaire, tout en nous préparant à toutes les éventualités et en restant prêts à nous adapter. Si le rôle de mon père était de continuer à avancer, le nôtre était de veiller à ce qu’il ait accès à tout ce dont il avait besoin pour y parvenir.

Soutenir notre coureur

Avant chaque course, mon père passe en revue son équipement, qu’il s’agisse d’un apport calorique suffisant pour lui permettre de parcourir la distance entre les postes de ravitaillement, d’un manteau de pluie, d’une lampe frontale ou de tout autre objet indispensable pour venir à bout d’une course en montagne de 100 kilomètres.

En tant que membres de son équipe, nous avions notre propre façon de nous préparer à la course. Si mon père risquait d’avoir besoin d’un certain article au cours des 20 prochaines heures, nous l’avons emporté avec nous : des collations supplémentaires et des aliments consistants pour les moments où les gels énergétiques ne faisaient plus l’affaire. Des sachets de ses électrolytes préférés. Des souliers et des bas de rechange pour les changements en cours de course. Des couches de vêtements adaptées aux caprices de la météo en montagne. De la crème anti-frottements. Le temps que nous ayons fini de faire nos bagages, notre Mitsubishi Outlander PHEV ressemblait moins à une auto qu’à un poste de ravitaillement sur roues.

Heureusement, chaque chose avait sa place. Grâce à son vaste espace de chargement et à ses compartiments de rangement bien pensés, l’Outlander PHEV nous a permis d’organiser facilement notre équipement. Nous avons donc pu trouver exactement ce dont nous avions besoin en un clin d’œil. Comme les arrêts aux postes de ravitaillement ne durent souvent que quelques minutes, il était crucial de savoir où se trouvaient les collations, les vêtements supplémentaires et les bas propres de mon père.

Et c’est sans compter que le PHEV est doté d’une prise de 1 500 watts derrière les sièges avant et d’une autre dans l’espace de chargement. Autrement dit, il est tout à fait possible de s’offrir un petit luxe, comme une tasse de café chaud préparée à l’aide d’un appareil électrique, même si l’on se trouve sur un chemin de terre à des kilomètres du Starbucks le plus proche.

La route entre les deux

En milieu de matinée, mon père était quelque part sur le parcours, et nous faisions notre possible pour garder une longueur d’avance sur lui. Nous avons regardé l’horloge, consulté la carte et calculé combien de temps il lui faudrait pour atteindre le prochain poste de ravitaillement. L’instant d’avant, nous roulions tranquillement sur l’autoroute en mode Tarmac, admirant la vue imprenable sur les sommets environnants. Peu après, nous avons bifurqué sur un chemin de terre et sommes passés en mode Gravel alors que la chaussée disparaissait sous nos roues et que la route grimpait au milieu d’une forêt de cèdres et de sapins imposants.

Tout comme mon père faisait preuve de bon sens en économisant son énergie dès qu’il le pouvait, nous faisions de même dans l’Outlander. Lorsque nous descendions des pentes raides et négociions des virages serrés, nous utilisions la pédale innovante pour contrôler notre vitesse sans avoir à alterner constamment entre l’accélérateur et le frein. Le système aidait également à réinjecter de l’énergie dans la batterie lorsque nous ralentissions, ce qui nous a donné un peu plus d’autonomie pour profiter pleinement de notre journée de conduite à Whistler.

Lorsque nous arrivions enfin à un poste de ravitaillement, nous scrutions les coureurs qui passaient, à la recherche de la foulée caractéristique de papa. Dès qu’on l’apercevait, on passait à l’action : on s’activait, on sortait la nourriture, on remplissait les bouteilles, on vérifiait son équipement et on lui posait les mêmes questions habituelles :

« Comment te sens-tu? »

« De quoi as-tu besoin? »

« Quel est ton plan de match? »

Parfois, nous ne faisions que remplir sa veste de course de gels et nous assurer qu’il mangeait suffisamment d’aliments solides. D’autres fois, nous changions ses souliers ou lui ajoutions une couche de vêtements avant qu’il retourne sur le sentier.

Et en un clin d’œil, il disparaissait à nouveau parmi les arbres pour parcourir le kilomètre suivant.

Alors que mon père commençait à retrouver son rythme, ma mère et moi remontions dans l’Outlander et nous mettions à réfléchir à l’endroit où nous allions le retrouver ensuite. Le rythme était rapide et soutenu; nous avions à peine le temps de retrouver notre souffle avant de reprendre la route.

« On se voit à la ligne d’arrivée »

Le soleil commençait à descendre lentement à l’horizon, tandis qu’une pluie fine tombait sur la forêt qui entourait le dernier poste de ravitaillement accessible aux équipes. De loin, nous avons aperçu papa qui sortait des bois et qui traversait en courant l’autoroute très achalandée pour se rendre au poste de ravitaillement en bord de la route. Son rythme était nettement plus lent que ce matin-là; l’énergie sereine dont il avait fait preuve à la ligne de départ avait fait place à la fatigue accumulée au cours de plus de 14 heures passées sur le sentier.

Alors qu’il s’approchait du poste de ravitaillement, il aperçut une chaise de camping rangée sous la tente, à l’abri de la pluie. Il s’est précipité vers ce siège comme si son nom y était inscrit. Posant ses deux mains sur les accoudoirs, il s’y laissa lentement glisser.

« Un rouleau, s’il vous plaît », a-t-il dit, faisant référence à l’outil de massage en mousse dure utilisé par les athlètes pour détendre leurs muscles.

J’ai sorti le rouleau en mousse de son sac d’équipement et le lui ai tendu. Il l’a fait glisser lentement sur ses quadriceps, grimaçant lorsqu’il ressentait la pression sur ses muscles endoloris. Ma mère et moi nous sommes agenouillés à côté de lui, avons défait ses souliers et lui avons retiré ses bas. Une paire de souliers ne suffirait peut-être pas à soulager ses jambes fatiguées, mais il s’agissait d’un petit geste pour agrémenter un peu la prochaine étape.

À ce stade de la course, l’enjeu n’était plus de savoir ce dont son corps était capable, mais jusqu’où son mental pouvait le porter. Ce dont il avait besoin à présent, c’était de quelque chose de bien plus simple : des visages familiers, quelques minutes avec ceux qu’il aimait et la certitude de nous retrouver à la ligne d’arrivée.

Au bout d’environ 15 minutes, mon père a repris lentement le chemin du sentier. Nous l’avons regardé s’éloigner, sachant que la prochaine fois que nous le verrions, il aurait parcouru 100 kilomètres.

Juste avant de disparaître dans la lumière déclinante, il s’est retourné :

« On se voit à la ligne d’arrivée! »

Puis, il disparut.

La ligne d’arrivée

À 1 h du matin, l’alarme de mon téléphone a brisé le silence. En état de somnolence, j’ai tâtonné entre les draps et les oreillers emmêlés dans l’obscurité avant d’arriver à le trouver.

Contrairement aux coureurs, les membres des équipes peuvent profiter de quelques heures de sommeil entre les moments chaotiques passés à apporter leur soutien le long du sentier. Pendant que mon père parcourait le dernier tronçon de l’itinéraire, je sortais du lit, j’enfilais plusieurs couches de vêtements et j’essayais de me débarrasser de la torpeur du sommeil.

Il était temps d’aller retrouver papa à la ligne d’arrivée.

Le village était encore endormi. L’air était froid, les rues semblaient désertes. Les montagnes se découpaient en silhouettes sombres sur le ciel nocturne.

Le trajet jusqu’à la ligne d’arrivée était court, mais l’ambiance contrastait fortement avec le silence que nous venions de quitter. Notre musique entraînante, diffusée dans l’Outlander par la chaîne audio Dynamic Sound Yamaha, a rapidement fait place à la musique de la ligne d’arrivée, qui célébrait les incroyables exploits de la journée.

Les bénévoles discutaient entre deux gorgées de café. Les amis et les proches se blottissaient les uns contre les autres derrière les barrières, emmitouflés dans des couvertures et des chandails, en attendant que les coureurs émergent de l’obscurité.

Tous les regards étaient rivés sur le même endroit : la forêt.

Depuis le corridor d’arrivée, on pouvait voir les lumières des lampes frontales zigzaguer entre les arbres, haut sur le flanc de la montagne. Elles apparaissaient pendant quelques secondes, disparaissaient derrière des branches, puis réapparaissaient plus loin sur le sentier. Chaque fois qu’une lumière pointait, quelqu’un se redressait un peu plus et plissait les yeux dans la noirceur en espérant reconnaître la personne qu’il attendait.

L’excitation était palpable.

Les minutes devenaient des heures.

Puis, peu après 2 h du matin, plus de 20 heures après son départ, mon père est apparu sous la première rangée de lumières.

La foule a explosé de joie.

Il est sorti de l’obscurité, le poing levé bien au-dessus de la tête. Un large sourire s’est dessiné sur son visage alors qu’il franchissait la ligne d’arrivée en joggant. Malgré les 100 kilomètres qu’il venait de parcourir en gravissant et en descendant certains des sentiers les plus difficiles de Whistler, il semblait remarquablement en forme.

Vingt heures et trente-huit minutes après avoir quitté la ligne de départ, il franchissait la ligne d’arrivée.

La médaille autour du cou, mon père a aperçu ma mère qui l’attendait dans la foule. Ils se sont enlacés, et pour la première fois de la soirée, la tension semblait avoir quitté son corps. Ses épaules se sont affaissées. Son regard s’est adouci.

La course était terminée.

L’adrénaline de fin de course s’estompait peu à peu. Mon père a enfilé des vêtements chauds avant de retourner tranquillement vers l’Outlander. Il s’est lentement installé sur le siège de la deuxième rangée, a réglé le chauffage du siège au maximum et a fermé les yeux.

À l’extérieur, les célébrations à la ligne d’arrivée se poursuivaient. À l’intérieur, il n’y avait que le silence.

Alors que nous traversions à nouveau le village endormi en voiture, mon père s’assoupissait, sa médaille au cou. L’Outlander PHEV vrombissait doucement et, pour la première fois depuis plus de 20 heures, nous n’avions nulle part où aller.

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